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Théâtres du Off

Plus de 1200 représentations chaque année en moyenne sont proposées aux spectateurs, afin de satisfaire les goûts les plus éclectiques en culture théâtrales. Les classiques reviennent, souvent revus et corrigés, voire augmentés par de nouveaux auteurs et/ou bien conservés dans la forme et surtout le fond (le texte est intact). C'est cela qui fait la richesse de compagnies débutantes ou confirmées dans l'exercice difficile de la théâtralité scénique. Le droit à l'erreur n'est point admis, à cette épreuve scénique.

Rencontres dans la rue

Dans les rues d'Avignon, plus particulièrement durant le festival, les rencontres surprennent toujours par leur côté insolite. Arrivées des quatre coins du monde, les peuples se mélangent ici pour une même raison vivre quelques jours d'euphorie collective.

Festival de la rue

Puis, il y a le festival de rue qui se nourrit de la manne du passant attentionné, voulant bien s’acquitter de l'obole, en compensation d'un spectacle produit sur le trottoir, auquel il participe en le considérant de sa présence. C'est aussi cela Avignon. Des saltimbanques venus parfois de très loin pour assister, dans des conditions souvent précaires, au festival du monde.


Premiers pas en Avignon : juillet 1979. Trois petits tours et puis s'en va. Il ne faut jamais préjuger de son avenir d'après une impression spontanée survenue de façon fortuite, de laquelle vous eussiez estimé que le théâtre n'était pas pour vous ! Il en est de même pour la musique dite à tort classique (cette dernière appartient à ceux qui la ressentent et non aux snobs qui se gargarisent de son répertoire...). Restons courtois et ne nous comportons pas comme les imbéciles nombreux selon les statistiques sociales.

Le théâtre donc est un domaine particulier, un univers constitué de rêveurs, d'idéalistes et d'originaux qui se doivent d'être à la hauteur des prétentions qu'ils excipent devers la scène où le public les jugera. Là, le public, ingrat, toujours insatisfait, critique et mécontent dans le fond des formes qu'il croit connaître, juge son histrion à qui il reprochera quelques maladresses, un manque de maîtrise ou encore, tout simplement parce que jouer sur le compte des autres relève d'une infamie, comme Aristophane ou La Fontaine avec leurs fables...., ou encore, écrivis-je, de n'être pas tout à fait à la hauteur de l'estrade que l'acteur veut gravir ! C'est justement cela le théâtre : fronder la scène pour s'y voir exister. Oser reproduire le moi intérieur pour faire part aux autres et sans doute avant tout à soi-même que le rôle assigné dans la pièce, lui assigne l'obligation de surpasser son être pour pouvoir transcender la pensé de son auteur. C'est une des raisons pour laquelle, des pièces subissent une transformation dans leur mise en scène, tout en respectant l'esprit du texte : le souffle de celui qui la créée.  Les adaptations tirées de la littérature reviennent systématiquement alimenter les programmes festivaliers de cette période intense et riche en rencontres artistiques : Victor Hugo est toujours à l'affiche aux côtés des auteurs russes régulièrement rejoués.  Tandis que le Collectif de la Manufacture vous propose des pièces fraîchement émoulues d'inspirations issues de l'actualité, Molière reste immortel, car adaptable à toutes sortes d'inspirations contemporaines, il fait toujours le grand bonheur des enfants et des grands enfants. Le chêne noir, la cour du Barouf, Collège de la Salle, théâtre des Carmes, le Chien qui fume, Archipel théâtre, etc. etc. sont, entre autres d'endroits appréciés pour leur programme, de renommé mondiale désormais entrés dans les lieux incontournables de la culture théâtrale d'Avignon. Moyen d'aborder la culture littéraire, le théâtre renvoie aux textes et donc aux auteurs que l'on lit et relit.

             Une anecdote cependant vint accentuer l'inimitié que j'entretins à l'encontre de Monsieur Paul Claudel, en refusant non seulement de le lire, mais qui pis est d'aller voir jouer ses pièces. La sépulture de Camille Claudel inhumée au cimetière de Montfavet, asile d'aliénés de Montdevergues, où la sculptrice passa trente années, sous le l'internement de son frère Paul, cette sépulture n'a pas été reconduite dans le cimetière et les restes des ossements de l'artiste ont été jeté dans les ossuaires de ce sinistre endroit ; les héritiers considérant la reconduction de la sépulture comme des dépenses inutiles, au regard que la famille porta sur la folle du Vaucluse ! Vous serez donc seuls juges de reconnaître Paul Claudel pour auteur à voir ! Jean Canal. 

Déambulation dans les ruelles du festival